Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 22:54

 

Rennes : Quand un squat artistique devient une véritable communauté.

 

 

L'Elabo : Un squat artistique, mais pas que ...

 

Si vous vous êtes déjà promenés aux alentours du quartier Alphonse Guérin , il se peut que vous ayez croisé cette représentation artisanale grandeur nature de Transformers. Un géant de fer qui garde depuis quelques années l'entrée d'un des plus grands squats artistiques de France.

 

http://elaboratoire.free.fr/imgupload/1292524909P1110060.jpg En 1997, dix artistes de rue décident de squatter de vieux hangars à cinq minutes du centre ville de Rennes. C'est ainsi qu'est né L'Elaboratoire, un espace mais surtout une association dédiée à l'art et ce depuis quinze ans. Mais au-delà de l'aspect artistique, le squat se révèle être une véritable communauté ouverte à tous.

 

"On peut faire ce que l'on veut, tant que ça ne dérange personne"


De loin, les lieux se remarquent facilement. Des créations en tout genre encerclent les bâtiments, comme une invitation à visiter l'endroit. L'Elabo est libre d'accès à tout heure aux amateurs d'art ou aux simples visiteurs. Quelques artistes créés au détour des hangars et parlent volontier de leur travail mais aussi de leur vie ici : "Oui c'est un squat, mais un squat organisé. On peut faire ce que l'on veut, tant que ça ne dérange personne. Il faut aussi apporter quelque chose à la communauté. C'est du donnant-donnant" raconte une jeune dessinatrice en herbe. Car l'Elabo est un lieu de vie à part entière, où des familles entières s'installent avec leurs caravanes sur les terrains vagues qui entourent le squat.

Peinture, musique, danse, théâtre, soudure, couture, céramique ... L'Elabo présente un large choix d'activités mais aussi de spectacles. "Ca permet de faire vivre l'Elabo, on se subventionne nous même. On fait beaucoup de collaboration aussi. C'est une machine qui n'est pas prête de s'arrêter". Des collaborations avec des communes ou des magasins, comme le centre Alma qui a fait appel à ces artistes pour un prochain évènement.

 

"C'est une machine qui n'est pas prête de s'arrêter"

 

Un squat artistique qui n'a d'apparence pas de peine à s'intégrer dans la vie rennaise. Pourtant la mairie a officiellement annoncé l'expulsion du site. "Le quartier est en plein réaménagement. Le projet de la Zac Baud-Chardonnet prévoit de construire des résidences sur toute la plaine de Baud" nous informe une employée de la mairie. "Ca reste un squat. Un squat au beau milieu de Rennes, ça ne plait pas forcément". Ce serait donc la commune de Pont Péan qui accueillerait l'Elabo dans les prochains mois. Une décision qui ne fait pas forcément l'unanimité. Les artistes dénoncent une mise à l'écart et se demandent comment déplacer 400m2 de création. L'expulsion entrainera aussi une baisse d'affluence des visiteurs, ce qui inquiètent la communauté. "On ne veut pas être reclu aussi loin, l'art est fait pour être partagé."

(Lénaïg Garnier)

 

 

Photo : Le "48", lieu de vie de L'Elabo

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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 20:10

 Rennes : Ces punks qui squattent la ville.

 

Punk : Plus qu'un style, un mode de vie.

 

Anarchisme, anti-autoritarisme ou encore anti-conformisme, voilà les premiers mots qui viendraient à l'esprit sur la question des punks. Pourtant ce mouvement vieux de quarante ans est bien plus que cela. Gros plan sur la vague punk.


 

http://images3.wikia.nocookie.net/__cb20110209171342/desencyclopedie/images/thumb/a/a2/Punk-not-dead.jpg/493px-Punk-not-dead.jpg Qui n'a jamais vu  dans les rues de la ville ces groupes de punk entourés de chiens ? Voilà l'image la plus connue des punks à Rennes. Mais derrière ces treillis militaires se cache tout un mouvement contestataire, une vraie culture mais surtout des convictions vieilles de quarante ans.

 

"Si être punk c'est être différent,

alors oui je suis punk"

 

Je me rends donc en ville afin de croiser quelques punks. Il ne me faut pas longtemps pour en trouver, en plein centre. La plupart des habitants ont une vision négative de ces groupes assis à même le sol. Pourtant ils ne mordent pas. Au contraire, on m'accueille sans problème, voire content que l'on s'intéresse à leur cause. "Je ne me considère pas comme punk. Les gens m'appellent comme ça. Si être punk c'est être différent, alors oui je suis punk" m'explique l'un d'eux.

Même si  le punk se rapproche de la signification "sans valeur" en anglais, il prône bon nombre de codes. Comme par exemple le nihilisme, qui donnera le célèbre slogan : "No future". Mais il ne faut pas s'y tromper : il existe différentes sortes de punk. Quand certain n'y voit qu'une exclusion de la société, d'autres sont attachés aux questions environnementales, luttent pour une consommation minimales et souhaitent anéantir la société de consommation. "Je ne veux pas  être comme tout le monde, travailler toute ma vie et me faire enrôler par la société. Donc je suis exclu. Mais c'est mieux comme ça" rajoute t-il.

 

"On fait plus confiance à nos chiens qu'à un mec

quand on vit dans la rue"

 

Parmi les punks se trouvent aussi les anartistes qui squattent avec une seule directive : Do it yourself. Par exemple l'Elabo à Rennes, où la fabrication artisanale est omniprésente. Enfin je m'intéresse aux fameux "punks à chiens", qui se baladent un peu partout avec d'énormes sacs. "On bouge beaucoup, même si c'est pour aller nulle part. On vit au jour le jour. Parfois c'est dur, mais au moins on est libre" me dit un grand punk rasé à la veste militaire cloutée. Et quand je leur demande pourquoi les chiens, ils me répondent "Les chiens ça vous suient partout et ils sont fidèles. On fait plus confiance à nos chiens qu'à un mec quand on vit dans la rue".

Qu'ils soient anarchistes ou anticonformistes, qu'ils vivent en squat ou dans la rue, les punks sont depuis des générations une partie intégrante de la culture de la protestation. Pour une minorité criant à une vie sans avenir, les punks ont bel et bien un futur. (Lénaïg Garnier)

 

Photo : Des "punks à chiens".

 

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