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Publié le par Own News

 

Rennes : Quand un squat artistique devient une véritable communauté.

 

 

L'Elabo : Un squat artistique, mais pas que ...

 

Si vous vous êtes déjà promenés aux alentours du quartier Alphonse Guérin , il se peut que vous ayez croisé cette représentation artisanale grandeur nature de Transformers. Un géant de fer qui garde depuis quelques années l'entrée d'un des plus grands squats artistiques de France.

 

http://elaboratoire.free.fr/imgupload/1292524909P1110060.jpg En 1997, dix artistes de rue décident de squatter de vieux hangars à cinq minutes du centre ville de Rennes. C'est ainsi qu'est né L'Elaboratoire, un espace mais surtout une association dédiée à l'art et ce depuis quinze ans. Mais au-delà de l'aspect artistique, le squat se révèle être une véritable communauté ouverte à tous.

 

"On peut faire ce que l'on veut, tant que ça ne dérange personne"


De loin, les lieux se remarquent facilement. Des créations en tout genre encerclent les bâtiments, comme une invitation à visiter l'endroit. L'Elabo est libre d'accès à tout heure aux amateurs d'art ou aux simples visiteurs. Quelques artistes créés au détour des hangars et parlent volontier de leur travail mais aussi de leur vie ici : "Oui c'est un squat, mais un squat organisé. On peut faire ce que l'on veut, tant que ça ne dérange personne. Il faut aussi apporter quelque chose à la communauté. C'est du donnant-donnant" raconte une jeune dessinatrice en herbe. Car l'Elabo est un lieu de vie à part entière, où des familles entières s'installent avec leurs caravanes sur les terrains vagues qui entourent le squat.

Peinture, musique, danse, théâtre, soudure, couture, céramique ... L'Elabo présente un large choix d'activités mais aussi de spectacles. "Ca permet de faire vivre l'Elabo, on se subventionne nous même. On fait beaucoup de collaboration aussi. C'est une machine qui n'est pas prête de s'arrêter". Des collaborations avec des communes ou des magasins, comme le centre Alma qui a fait appel à ces artistes pour un prochain évènement.

 

"C'est une machine qui n'est pas prête de s'arrêter"

 

Un squat artistique qui n'a d'apparence pas de peine à s'intégrer dans la vie rennaise. Pourtant la mairie a officiellement annoncé l'expulsion du site. "Le quartier est en plein réaménagement. Le projet de la Zac Baud-Chardonnet prévoit de construire des résidences sur toute la plaine de Baud" nous informe une employée de la mairie. "Ca reste un squat. Un squat au beau milieu de Rennes, ça ne plait pas forcément". Ce serait donc la commune de Pont Péan qui accueillerait l'Elabo dans les prochains mois. Une décision qui ne fait pas forcément l'unanimité. Les artistes dénoncent une mise à l'écart et se demandent comment déplacer 400m2 de création. L'expulsion entrainera aussi une baisse d'affluence des visiteurs, ce qui inquiètent la communauté. "On ne veut pas être reclu aussi loin, l'art est fait pour être partagé."

(Lénaïg Garnier)

 

 

Photo : Le "48", lieu de vie de L'Elabo

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